mardi 22 janvier 2008

Fatim Ouattara : " Le 7 ème art doit vivre, sinon survivre sur le continent africain "Interview réalisée par Raymond Alex Loukou
Pour un coup d'essai, on peut dire que ce fut un coup de maître. Pour sa première participation à Clap Ivoire, Fatim Ouattara vient de remporter le premier dans la catégorie fiction. Nous avons profité de la cérémonie de proclamation des lauréats nationaux pour lui tendre le micro.
Réseau ivoire: Quel effet ça vous fait d'être déclarée lauréate nationale dans la catégorie fiction de Clap Ivoire 2007 ?Fatim Ouattara: Il y a un sentiment de joie qui m'anime. Je ne m'attendais pas à ça mais j'étais tout de même confiante avant la proclamation des résultats. Maintenant que c'est arrivé, je ne peux qu'être heureuse. Je remercie Dieu pour cela.Etes-vous à votre première participation ?C'est mon premier film en tant que réalisatrice. Sinon j'avais remporté un concours de scénario l'année dernière.Aviez-vous suivi des cours particuliers dans le domaine du cinéma ?Pas du tout. J'ai seulement demandé conseil auprès de personnes qui avaient déjà une expérience en la matière.Comptez-vous persévérer dans cette cette voie ?Evidemment ! ( sourire ) . Je crois que nous le 7ème art doit vivre , sinon survivre sur le continent africain. Les initiatives commes celles de Clap Ivoire sont à multiplier. Ces jeunes talents décélés doivent à mon avis poursuivre sur leur lancée.A qui dédiez-vous ce prix ?( Hésitations )... Je le dédie tout d'abord au Seigneur qui m'a donné l'inspiration nécessaire. Je le dédie également à tous ceux m'ont soutenu moralement et matérielement dans cette aventure cinématographique.
Togo : 4ème édition du Festival International du Film Vidéo de Lomé (FIFIVIL 2007)
La 4ème édition du Festival International du Film Vidéo de Lomé (FIFIVIL 2007) a été ouverte le 28 septembre 2007 au Centre culturel allemand "Goethe Institut" de Lomé en présence du directeur dudit centre, M. Hervig Kempf, de représentants du gouvernements, d'organismes internationaux, de partenaires, d'une foule de professionnels du cinéma et de l'audiovisuel et de cinéphiles.Pour cette cérémonie inaugurale du FIFIVIL 2007, deux films court métrage ont été projetés : Affaire d'État de la réalisatrice ivoirienne Fatim Ouattara, et Le prix du voyage du réalisateur togolais, Claver Gadji.La cérémonie d'ouverture a été présidée par M. Georges Agbada, Conseiller du ministère de la culture représentant son ministre de tutelle. Selon celui-ci, "le développement des moyens de production numérique et de la diffusion des œuvres sur le même support offrent aux cinéastes africains une excellente opportunité. Ils peuvent produire à des coûts réduits et à un temps record des œuvres originales, reflet de leur identité culturelle…". Le représentant du Ministre de la culture a dans cette optique invité les cinéastes africains à "s'inscrire dans la perspective des nouvelles technologies pour échapper à la paupérisation grandissante des créateurs, des producteurs et des diffuseurs de films liés entre autres à la fermeture de la plupart des salles de cinéma dans les pays de la sous région".Pour M. Ekoue Djenou Kouegan, Directeur National de la Cinématographie, Président du FIFIVIL, "avec le support vidéo, nous avons la possibilité de montrer nos images, de raconter notre histoire…"Le Centre culturel allemand par la voix de M. Séraphin Adjogah, Assistant de programme, représentant du directeur, a salué cette 4ème édition du FIFIVIL que le Goethe Institut accueille depuis ses débuts. Il a rappelé quelques unes des initiatives dudit centre telles que les rencontres d'échange et de formation avec des professionnels et des amoureux du 7ème art, à l'instar du programme dénommé "Prix jeunesse", "Killing Africa Healing Africa" et très prochainement "Mini input".Il faut signaler que les différentes allocutions à l'occasion de l'ouverture officielle du Festival ont été entrecoupées par des intermèdes musicales animées par plusieurs artistes togolais de la chanson.Cette année, FIFIVIL a programmé la projection de plus d'une trentaine de films en provenance d'une dizaine de pays d'Afrique au nombre desquels le Togo, d'Allemagne et de Chine, dont la plupart sont en compétition. Huit (8) prix sont en jeu dont le plus prestigieux, l'"Epervier d'or", sera décerné au film le plus méritant pendant la cérémonie de clôture prévue pour le 05 octobre prochain au Goethe Institut de Lomé. Outre les projections de film de tout genre, qui auront lieu au Goethe Institut et à l'Hôtel Solisso sis à Agoènyivé une banlieue de Lomé, des ateliers, des conférences-débats et des rencontres entre professionnels de cinéma et de la vidéo.
Charles AyetanJournal Présence ChrétienneTogo
Clap Ivoire 2007 : sept pays, sept fictions, sept documentaires pour le 7ème art de l’UEMOA
La 7ème édition de clap Ivoire, festival annuel de courts métrages vidéo amateur, s’est déroulée du 04 au 08 septembre 2007 à l’hôtel Ivoire. A son programme, la compétition officielle, une table ronde autour de la problématique de l’argentique face à la révolution numérique, des ateliers de formation à l’intention des lauréats et de résidents. Le Grand «Prix Kodjo Ebouclé» a été décerné au film « Affaire d’Etat » de l’ivoirienne Fatoumata Ouattara.
Clap Ivoire 2007 a vu doubler, dans sa compétition, le nombre de jeunes réalisateurs amateurs ressortissant des pays de l’Union économique et monétaire de l’Afrique de l’Ouest-UEMOA (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal, Togo).

Ce doublement traduit le renforcement du soutien croissant de l’UEMOA à cette manifestation qui suscite de plus en plus l’engouement des réalisateurs en herbe des huit pays membres. Cadre révélateur de futurs talents, Clap Ivoire offre également aux amateurs et débutants les rudiments du 7ème art à travers des ateliers et aux lauréats du grand prix l’opportunité de réaliser leur rêve.
La compétition 2007
La fin du mélange de genres par l’ouverture d’une catégorie documentaire aura permis de comparer ce qui est comparable, de satisfaire quelque peu à la demande croissante de participation d’une jeunesse happée par la passion de faire du cinéma. En l’absence de la Guinée-Bissau, la symbolique du chiffre sept de l’espoir s’est affichée à ce 7ème Clap Ivoire : sept pays, sept fictions, sept documentaires en compétition, deux œuvres par pays, une fiction et un documentaire. Deux films burkinabè étaient en lice : « Bamako, un empire de thé », documentaire de Dramane Kaboré et « Ouaga, sans char » une fiction de Sawadogo Mamadou.Le jury international présidé par la directrice de la 1ère chaîne de la Radio télévision ivoirienne (RTI), Mme Adèle Djédjé, a noté qu’il n’a pas eu la tâche facile pour départager les œuvres au regard de la qualité des sujets traités par les quatorze jeunes réalisateurs. Il a proclamé le palmarès suivant :
catégories fictions 1er prix : Affaire d’Etat de Mlle Fatoumata Ouattara (Côte d’Ivoire)
2ème prix : Honorable député de Siradji Mahaman Bakabé (Niger)
Catégories documentaires
1er prix – Les Trompettes de AMEN – Messah Kossi Obanikoua (Togo)
2ème prix : Un Village d’Animaux : le zoo d’Abidjan- Charles Aka – (Côte d’Ivoire)
Le grand prix de clap Ivoire dénommé « Prix Kodjo Ebouclé », en hommage à ce grand comédien ivoirien disparu en 1999, a été attribué à « Affaire d’Etat ». Ce film traite de réconciliation entre un chef d’Etat d’un pays africain et sa rébellion par la médiation d’enfants porteurs de paix.
La quête du savoir faire
Les responsables de Clap Ivoire ont inscrit au cœur de leur programme des ateliers de formation en vue d’initier les débutants à l’a, b, c, de la réalisation et des autres métiers du 7ème art.Aux quatorze lauréats nationaux se sont joints de nombreux résidents assoiffés d’en apprendre plus sur le cinéma. Ils ont fort apprécié les causeries vivantes des réalisateurs Fadika Kramo Lanciné, Kitia Touré de Côte d’Ivoire et François Sourou Okioh du Bénin. Puisant dans leurs riches et fastidieuses expériences, ils ont apporté leurs éclairages respectivement sur la production cinématographique, la préparation technique d’un tournage et les ponctuations cinématographiques.Les ateliers constituent une réponse ponctuelle trop brève de l’avis des participants qui mesurent l’ampleur de leurs méconnaissances. Le brassage en lui-même est formateur par les débats qu’ils ont eux-mêmes menés autour de leur film, le partage des péripéties de leur production. L’idéal d’intégration ferait un grand pas si ces jeunes entremêlent les leurs pour faire bouger les structures nationales et se donner la main. Clap Ivoire : Une double spécificité.
Les responsables de Clap Ivoire ont déjà acquis les faveurs de diffusion des films lauréats par la RTI. Dans les limites de leurs moyens, ils ont déjà aidé des lauréats à parachever leur film ou encore à accéder à la formation de leur choix. Ces actes volontaristes sont à saluer et, pour plus de portée, gagneraient à être replacés dans le cadre régional dans des formules idoines qu’imagineront les structures nationales.Clap Ivoire réunit une double spécificité. Il tient par le rêve des jeunes réalisateurs d’être présents à Abidjan un rôle de catalyseur de la créativité de la jeunesse ouest-africaine et de révélateur de nouveaux talents à accompagner. Il tend également à devenir le carrefour de rencontres des directeurs des cinématographies des huit pays qui forment l’UEMOA. Au moins une fois par an depuis 2004, ils prennent place autour d’une même table de travail pour faire un pano des états de lieux et se donner des objectifs de viabilisation de ce vaste espace sinistré de 3,900 millions km2 peuplé par près de 82 millions de consommateurs sevrés de leurs images.Etablir des axes solides.
Après avoir planché en 2004 sur « Cinéma et nouvelles technologies de l’information et de la communication en Afrique », en 2005 sur « Quel cinéma africain pour quelle diffusion ? », les directeurs des cinématographies de l’UEMOA étaient invités à réfléchir sur la problématique « De l’Argentique au numérique, rupture ou compatibilité ».Un sujet qui ne finit pas d’être le champ de bataille entre traditionalistes et modernistes. Heureusement, l’on n’a pas assisté à une guerre des tranchées. L’exposant du thème et principal animateur, le réalisateur-producteur burkinabè, Pierre Rouamba, a par une démarche méthodologique à partir de l’analyse comparative de budgets de production, démontrer les points communs, les allègements économiques et les nouvelles possibilités technologiques qu’offrent le numérique.Il est ressorti des débats fructueux que l’on ne trouve pas forcément face à un choix cornélien, le couteau sur la gorge, mais devant deux possibilités de production dont la cohabitation et l’exploitation judicieuse font appel au génie propre des cinéastes et à la hauteur de leur budget réel de production. Les acquis artistiques et professionnels des expériences vécues jusqu’ici dans l’exercice de l’argentique ne sont pas à reléguer dans un passé révolu mais sont plutôt à capitaliser pour une meilleure maîtrise du numérique.Les directeurs des cinématographies de l’UEMOA ont aussi saisi l’opportunité pour échanger autour des problèmes divers et s’accorder sur les voies et moyens de la synergie qu’ils doivent développer en réseau pour les résoudre au plan régional, dans l’espace UEMOA. La présence à cette rencontre des responsables en charge de la culture et du cinéma de l’UEMOA, du chargé de la télévision de l’Organisation internationale de la Francophonie et d’un chargé de missions de la direction de Canal France International a fort enrichi les échanges. Partenaires importants, leur onction aux prises de décisions futures peut augurer des appuis éventuels de leur institution.La synthèse des résultats de la table ronde est contenue dans cinq recommandations qui ont trait à :- l’intensification de la formation et la remise à niveau des professionnels du 7e art,- l’instauration d’un cadre de concertation entre les structures publiques et privées de l’espace UEMOA.- la mise en place de mécanismes structurant de financement au niveau national et régional,- la mise en place d’un réseau des administrations en charge ducinéma et de l’audiovisuel,- la dotation à l’institution de l’administration en charge du cinéma et de l’audiovisuel, au niveau de chaque pays, de moyens nécessaires à la mise en place et à la réussite de la politique cinématographique définie.Les recommandations et résolutions sur le cinéma africain peuvent tapisser plusieurs fois la surface du continent ! Les participants ont senti la nécessité d’instaurer un instrument de suivi à deux principaux niveaux : l’harmonisation des politiques et stratégies de développement des industries de l’image dans les pays de l’UEMOA et le domaine de la coopération avec les partenaires techniques et financiers tels que l’UEMOA, l’Union africaine, l’Organisation internationale de la Francophonie, l’Union européenne.La mise en place d’un réseau des responsables en charge du cinéma et de l’audiovisuel de l’espace UEMOA vise la concrétisation progressive des bonnes intentions.Au niveau de l’UEMOA, en rapport avec la recommandation 1, l’étude de faisabilité sur la formation est bouclée. Le programme sera bientôt soumis aux ministres. L’harmonisation des législations a fait l’objet d’un appel d’offres aux cabinets de l’espace pour l’élaboration de trois textes communautaires obligatoirement imposables aux Etats membres. L’étude d’un véritable budget propre au financement structure du cinéma et de l’audiovisuel est inscrite en bonne place dans le planning de l’UEMOA.Clap Ivoire n’est assurément pas un festival qui vient parasiter d’autres. Le grand défi que ces responsables ont à relever est de mieux l’organiser, le populariser à la dimension d’une fête de la jeunesse et impliquer davantage les professionnels.Le 8e Clap Ivoire 2008 sera certainement le rendez-vous des huit Etats de l’UEMOA avec plus de lauréats à la grande finale d’Abidjan.
Emmanuel SAMA Journaliste –Critique de cinéma CNC-Burkina Faso

mercredi 14 novembre 2007

BILAN CLAP 2007

Yao Norbert Etranny: " Nous avons eu cette année affaire à des réalisations de bonne qualité ... nous sommes satisfaits "
Interview réalisée par Raymond Alex Loukou

M. Yao Norbert Etranny Clap ivoire 2007 a pris fin avec la victoire de l'ivoirienne Ouattara Fatoumata pour son film " Affaire d'Etat ". Nous avons rencontré M. Yao Norbert Etranny, le coordinateur général de ce concours-festival pour dresser le bilan de cette manifestation.
Rezoivoire.net: Monsieur le coordinateur général, quel bilan pouvez-vous dresser concernant l'édition qui vient de s'achever ?M. Yao Norbert Etranny: Bilan ! c'est un mot trop lourd. Disons que sur les 8 pays que compte l'UEMOA, seul la Guinée Bissau n'a pas pu faire le déplacement pour des raisons de communication extrêmement difficiles entre Abidjan et Bissau. 7 sur 8, je crois que c'est une bonne moyenne. Au niveau des candidats, au lieu d'un candidat par pays, nous sommes passés à l'étape de deux par pays. Cela fait 14 candidats sur 16. Déjà à ce niveau, c'est une satisfaction. Au niveau des activités qui tournent du concours à savoir les ateliers et la table-ronde, nous avons réfusé du monde ( 50 personnes par ateliers ) alors qu'il avait plus de 100 demandes par ateliers. Au vu de ces chiffres, je pense que nous sommes globalement satisfaits même si rien n'est parfait.
Ca fait deux années consécutives que la Côte d'Ivoire remporte le Grand Prix. Comment expliquez-vous cette performance ?
Je n'ai pas d'explication particulière. Chaque année, nous essayons de donner les rudiments du métier à nos jeunes réalisateurs. C'est d'ailleurs le sens de l'atelier. Cette année, nous avons demandé aux structures privées de production audi-visuelle de soutenir les jeunes candidats. C'est ce qui explique la qualité des productions. C 'est vrai que souventes fois, les candidats malheureux pensent que les candidatures ivoiriennes sont favorisées alors que rien qu'à voir la composition du jury, on se compte que cen'est pas si évident.
Nous avons pu constaté nous-mêmes que les films présentés étaient de bonne qualité. Est-ce à dire que vos ateliers de formations ont été payants ?
Je pense que oui. Non seulement ces ateliers ont porté leurss fruits mais je redis également que l'implication des structures privées de production audio-visuelle a bonifié les films. Les autres années, les candidats se débrouillaient. Je pense que si les jeunes n'ont plus de soucis techniques, ils peuvent aisement se consacrer à l'écriture.
Pour cette édition, il n'y a pas eu beaucoup de prix spéciaux. A quoi cela est dû ?
Cela est dû peut-être au fait que les années précédentes, tous les genres étaient confondus. Cette année, nous avons séparé les prix. Il y a un prix pour le documentaire et un autre pour la fiction et comme les moyens ce n'est pas ce que nous avons de plus au niveau de la culture il est clair que les prix ont été répartis selon les genres et selon les moyens dont nous disposions. Peut-être qu 'avec plus de moyens, on aurait instituer plusieurs prix spéciaux pour récompenser le meilleur acteur, le meilleur son, le le meilleur caméraman..
Malgré le battage médiatique, on s'est rendu compte que le public n'a pas répondu à l'appel. Il y a t-il une explication à cela ?
Effectivement ! c'est une remarque pertinente. Au niveau interne, nous sommes en train de préparer une rencontre pour tirer toutes les conséquences de cette désaffection du public. Je crois personnellement que c'est un problème d'organisation interne. Le battage médiatique ça ne suffit pas. A travers ce battage, il faut savoir ce qu'on vise. Si c'est juste pour parler de l'évènement, c'est réussi mais si c'est pour en parler pour faire venir le public ou des annonceurs, ça été un fiasco. Même à la cérémonie d'ouverture, il fallait être un initié pour savoir qu'il y avait une manifestation cinématographique qui plus est est un évènement sous-regional.
Beaucoup de participants ont souhaité que Clap Ivoire dépasse les frontières de l'UEMOA. Partagez-vous leur opinion ?
Si on devrait écouter nos coeurs, je pense que c'est à toute l'Afrique que nous devrions l'étendre. Mais en même temps, il faut être réaliste. Je parlais tantôt d'un probleme de moyens. Déjà au niveau de l'UEMOA ce n'est pas si facile. Tous les participants qui arrivent sont à la charge du comité d'organisation ( séjour, billet ). Par contre,si nous sommes sponsorisés par de grandes entreprises qui ont des ambitions sous-régionales, je crois que Clap Ivoire peut-être une belle tribune pour la promotion de ces entreprises. Si nous avons un bon sponsor qui est prêt à nous accompagner dans la sous-région, il n'y a pas de raison que nous allions au-delà de l'UEMOA.
Pouvez-vous nous donner les grands traits de ce qui est ressorti de la table-ronde ?
Je rappele que le thème de cette table-ronde était : de l'argentique au numérique. Rupture ou compatibilité ? C'est un thème qui a été proposé par moi-même. Ayant suivi des discussions entre des réalisateurs sur ce sujet, j'ai trouvé qu'il était opportun qu'on en débatte publiquement. Les positions semblaient tranchées au départ mais au terme des débats, on s'est rendu compte que ces positions tranchées ne se justifaient pas étant entendu que numérique et argentique doivent s'entretenir de façon complémentaire.C'est ce qui a été retenu de façon fondamentale. Il faut vivre son époque. Nous autres pays sous développés, pensons que le numérique est une bouffée d'oxygène. Cela permet de ramener les budgets de réalisations à des proportions plus humaines.
Je suppose que vous préparez déjà la prochaine édition...
On y pense déjà. Certains collègues des autres pays ont exprimé les difficultés qu'ils avaient à organiser les sélections nationales. Nous sommes en train de voir si c'est possible d'envoyer des missions là-bas pour assister à ces sélections. Nous pensons déjà à l'édition 2008 avec tout ce que cela comporte comme souci.

jeudi 18 octobre 2007

Africa in Motion film festival continues its aim of bringingthe best of African cinema to Scottish audiences
Africa in Motion film festival continues its aim of bringing the best of African cinema to Scottish audiences.
Africa in Motion (AiM) is an African film festival taking place from 25 October - 4 November 2007 at the Edinburgh Filmhouse cinema and other local venues. Now only in its second year, Africa in Motion is now officially the biggest African film festival in the UK and the film festival programme consists of over 30 brilliant, diverse and thought-provoking African films from all over the continent – features, documentaries and shorts - from pioneering African filmmakers to young and emerging contemporary directors.
The main focus of AiM 2007 is a tribute to the late Senegalese director Ousmane Sembene, one of the most important pioneers of African cinema. The Bicentenary of the Abolition of the British Slave Trade will be celebrated by a number of film screenings, and AiM will also have a spotlight on Ghana to mark 50 years of independence from Britain, with the screening of Kwaw Ansah's Heritage Africa (1989). The festival programme will have another special focus - the work of female African filmmakers from across the continent.Other classic masterpieces to be screened at AiM this year include feature films by Egyptian director Youssef Chahine, Malian director Souleymane Cissé, and Senegalese director Djibril Diop Mambety.
AiM will also showcase the latest gems of African cinema to Scottish audiences, with screenings of contemporary feature films such as Bamako (Abderrahmane Sissako, Mauritania, 2006) and Africa Paradis (Sylvestre Amoussou, Benin, 2006).
The Africa in Motion team feel very honoured that eight African filmmakers from across the continent will be in attendance during the AiM festival, to host their films, meet with their audiences and encourage live debate and discussion.
"The classic films in the AiM 2007 programme are amongst the greatest works of cinema produced anywhere in the world, and landmarks in African film history”, says film critic and AiM advisor Mark Cousins. “The essential films in the African movie canon are hardly ever programmed together in this way. Africa in Motion is a brilliant overview and a rare treat."
Visit http://jeuneafrique.neolane.net/r/?id=h2af802,1996b99,19abc56 for full programme details, ticket prices, background information on the festival, press information and film stills.
For all queries, contact: info@africa-in-motion.org.uk

lundi 15 octobre 2007

Entretien avec… Paul Charlemagne COFFIE, responsable coopération Oif : Une filière image pour ne pas rater la révolution technologique
Se mettre à l’ère du numérique est aujourd’hui une des préoccupations majeures des acteurs du septième art africain. Et c’est fort de cette nouvelle donne que l’Organisation internationale de la Francophonie (Oif) entend accompagner la dynamique relative à la révolution technologique. Dans la première partie de l’entretien, qu’il nous a accordé en marge du septième Festival concours de courts métrages d’Abidjan (Clap Ivoire) - tenu du 04 au 08 septembre 2007 -, le responsable de la coopération à l’Oif, Paul Charlemagne Coffie, revient sur la politique audiovisuelle de l’organisation, la nécessité de relever le défi du numérique, entre autres. Wal Fadjri : Quel sens donnez-vous à une troisième participation consécutive de l’Oif à Clap Ivoire ?
Paul Charlemagne COFFIE : C’est une volonté affichée des autorités de la Francophonie d’accompagner les structures nationales et privées qui vont dans le sens de la formation. Parce que nous considérons que c’est la formation qui va permettre d’assurer la relève dans tous les secteurs et nous sommes dans le secteur de l’audiovisuel. Il s’agit d’appuyer les actions menées par le Centre national des arts et de la culture (Cenac) d’Abidjan qui est chargé de l’organisation de ce concours international, pour favoriser l’émergence de jeunes réalisateurs et de jeunes vidéastes.
Wal Fadjri : Concrètement en quoi consiste le soutien de l’Oif à cet événement ?
Paul Charlemagne COFFIE : Vous savez qu’il faut des fonds pour organiser n’importe quelle manifestation. Donc, nous pensons qu’il faut accompagner financièrement ces structures plutôt que de venir discourir inutilement. Le budget que nous avons alloué à Clap Ivoire s’élève à 15 mille euros (près de dix millions francs Cfa). Et, c’est la troisième fois que nous apportons cette aide financière. Certes, elle n’est pas très importante, mais elle est quand même significative. Ce financement permet surtout aux organisateurs de faire venir les lauréats de l’Uemoa. Parce que le transport, le séjour, etc., coûtent excessivement cher. Donc notre contribution est d’ordre financier, elle permet de résoudre un certain nombre de problèmes.
Wal Fadjri : Est-ce que le soutien de l’Oif a toujours été de 15 mille euros ?
Paul Charlemagne COFFIE : Pour la première édition, l’Oif avait donné dix mille euros (plus de 6 millions fCfa) Mais l’année dernière, nous avons remis une enveloppe de 15 mille d’euros, comme cette année-ci. De toutes les façons, nous ne pouvons pas nous engager de cette manière, parce que nous tenons compte de toutes les demandes qui nous parviennent. Nous soutenons Africadoc à Dakar, Clap Ivoire en Côte d’Ivoire et d’autres manifestations qui se tiennent un peu partout dans nos pays membres. Donc nous prenons acte des demandes, nous analysons la pertinence et l’utilisation des fonds mais surtout les résultats escomptés. Il n’y a pas de contrat ad vitam aeternam avec l’Oif, ni de dotation acquise pour un certain temps, tout peut être remis en cause à tout moment.
Wal Fadjri : Au moment où la question du numérique dans le septième art africain pose le débat au niveau des professionnels, il ressort des échanges que l’Oif cherche à consolider une filière image…
Paul Charlemagne COFFIE : Depuis 1988, date de la création du Fonds francophone de production audiovisuelle du Sud, la Francophonie se préoccupe du devenir de la filière image. Nous disons filière image parce qu’il y a différentes composantes. Quand on parle de production, il y a le film, les images, le cinéma, la vidéo, les reportages, les documentaires, etc. Mais nous préférons avoir une terminologie qui englobe l’ensemble de ces formats. Et l’image regroupe tous ces formats y compris le dessin animé qui fait partie aujourd’hui de la production audiovisuelle, même si on n’en parle pas et n’en produit pas des marques. Il y a aussi l’exemple de la Tunisie avec Viva Cartago et celui de la Côte d’Ivoire qui produit des dessins animés. Donc nous nous préoccupons de tous ces formats dont nous désirons accompagner la production et la mise en marché. L’Oif permet ainsi aux producteurs d’être sur les marchés mondiaux comme le marché international de la production télévisuelle de Cannes, puisqu’il y a le marché du film qui se tient également à Cannes. Nous avons le souci de promouvoir et de diffuser ces films. Donc notre préoccupation ne se limite pas seulement à la production, elle s’étend à toutes les étapes de la filière image. Et depuis quelque temps, nous nous sommes engagés dans tout ce qui concerne la conservation et la sauvegarde du patrimoine. C’est un peu ce que nous entendons par l’accompagnement de la filière image.
Wal Fadjri : Et le choix du thème de Clap Ivoire 2007 (‘De l’argentique au numérique : rupture ou compatibilité’) peut-il faire penser à la conservation et à la sauvegarde du patrimoine filmique ?
Paul Charlemagne COFFIE : Pour apporter une solution à un problème, il faut avoir une vision globale des choses. C’est ce que nous essayons de faire depuis que la Francophonie s’est lancée dans l’accompagnement de la production audiovisuelle. La prise de conscience de la sauvegarde du patrimoine est venue des Etats membres de la Francophonie. En 1997, il y a eu une conférence des ministres de la Culture qui étaient conscients de la perdition du patrimoine audiovisuel qui est une préoccupation mondiale. La France, il faut le souligner, est le premier pays au monde à avoir mis en place une structure dénommée l’Institut national de l’audiovisuel (Ina) à Paris. Cet institut a commencé à archiver les documents du monde entier. C’est pourquoi, on retrouve la plupart de nos archives à l’Ina, qui rassemble l’ensemble des documents, que ce soit image ou son. A l’instar de ces dispositions, la Francophonie, appuyée par l’Ina, a mis en place une politique qui vise à accompagner la sauvegarde du patrimoine audiovisuel francophone. Donc c’est là qu’on souhaite mettre un équipement qui va permettre de trouver les documents actuels qui seront à la disposition des télévisions. Parce que chaque jour qui passe consiste un danger pour nos archives. Donc si nous commençons déjà à archiver nos documents, nous les sauverons. Et au fur et à mesure, nous allons remonter dans le temps jusqu’à sauver les documents qui sont là depuis quinze, vingt ou trente ans. En même temps, nous avons un autre partenariat avec l’Ina qui nous fournit des matériaux. C’est-à-dire qu’aujourd’hui, il y a des lecteurs de cassettes comme les Imatic qui ne sont plus utilisables parce qu’ils manquent peut-être de pièces détachées ou autres choses. Nous avons pu obtenir de l’Ina un soutien grâce à la maison Sony qui nous aide pour le renouvellement des pièces détachées ou la mise à disposition de nouvelles machines et de cassettes. Le troisième élément, c’est la formation. Nous accompagnons ceux qui sont chargés de la gestion des archives de nos télévisions pour qu’ils puissent être au fait de la technologie et des informations qui peuvent les aider à mieux gérer leurs archives. Ameth Bâ, le responsable au Sénégal a participé aux conférences de Paris en 2004, de New York en 2005 et de Madrid en 2006. Il va aussi participer à la prochaine conférence, prévue en octobre 2007 à Lisbonne. Tout cela est un effort qui nous coûte beaucoup d’argent, mais nous le faisons pour que nos pays ne soient pas à la traîne, pour que nous ne rations pas toutes les révolutions. Nous avons raté beaucoup de révolutions, mais pour la révolution technologique, il faudra que nous mettions le pied à l’étrier pour avancer.
Wal Fadjri : Vous avez tant tôt parlé du marché international de la production télévisuelle à Cannes, est-ce que l’Oif influe quelque part sur la sélection des films qui sont diffusés à Cannes ?
Paul Charlemagne COFFIE : Du tout. L’Oif laisse l’initiative à chaque structure, à chaque porteur de projet. Notre rôle est de créer les conditions nécessaires pour que le réalisateur et le producteur soient là où il faut pour se faire voir. Notre rôle n’est pas de sélectionner, mais nous avons nos exigences. Si vous voulez venir soit au festival de Cannes, soit au marché de la télévision, il y a des conditions à remplir. Si vous remplissez ces conditions, vous êtes nos invités sinon nous ne vous invitons pas. C’est la seule sélection que nous faisons.
Wal Fadjri : Quels sont les critères à remplir pour bénéficier du Fonds de soutien à la production audiovisuelle ?
Paul Charlemagne COFFIE : Ce sont des mécanismes que nous avons mis en place pour aider cette production. Il y a un certain nombre de critères exigeants à remplir pour bénéficier de ces fonds. Il faut d’abord un scénario écrit et un coproducteur. Le projet doit être obligatoirement porté par quelqu’un du Sud. Parce que nous partons du constat que nos pays n’ont pas de moyens. Et ils n’ont pas mis en place des mécanismes qui permettent l’émergence de ce métier et son accompagnement. L’argent que nous mettons à leur disposition nous est donné par les Etats membres de la Francophonie. C’est quelque part une rétrocession. Donc il faut remplir les conditions citées précédemment pour bénéficier de cet argent. Nous disposons d’un cahier des charges disponible sur le site de la Francophonie. Tous ceux qui veulent avoir accès aux fonds peuvent visiter le site www. francophonie.org. Vous allez dans Appel à proposition pour voir toutes les offres dont nous disposons pour accompagner, le film, la chanson, le livre et tout ce qui concerne le multimédia, parce qu’il n’y a pas que le cinéma. Il faut télécharger le document pour le remplir et nous l’envoyer. Ensuite la demande sera examinée par un jury indépendant dans lequel, nous ne sommes pas partie prenante. C’est la commission qui fait la sélection des projets retenus et nous affectons les montants qui varient de 30 mille à 100 mille euros. *(A Suivre)
Propos recueillis à Abidjan Par Mbagnick NGOM
Partenariat Cfi-Clap Ivoire : 50 télévisions pour servir de vitrine aux films de l’Uemoa
Présenté comme la pépinière du septième art africain, le Festival-concours de courts-métrages vidéo destiné aux jeunes techniciens et réalisateurs de l’Uemoa (Clap Ivoire), tenu du 4 au 8 septembre dernier à Abidjan, a noué un partenariat avec Canal france international (Cfi) en 2003, année marquant le lancement de la version internationale de l’événement. ‘Tous les films, qui vont être primés au cours de ce concours, vont être repris à Cfi pour être diffusés dans la grille de Cfi Afrique à destination de notre réseau de plus de cinquante télévisions en Afrique’, informe le Chargé de mission de Cfi, Abdou Kimba, rencontré à Abidjan en marge des échanges entre hôtes du septième Clap Ivoire.
A son avis, cela va permettre de ‘donner une dimension panafricaine à Clap Ivoire et de faire la promotion de tous les films lauréats’. Donc à travers ce partenariat, se réjouit-il, Cfi confirme encore une fois sa fonction de trait d’union Sud-Sud. ‘Parce que grâce à Cfi, tous les lauréats auront l’occasion d’être vus par l’ensemble des téléspectateurs africains’. Ainsi, en attendant de trouver une formule qui permettra de faire voir la quinzaine d’œuvres cinématographiques, présentées lors de Clap Ivoire 2007, les adeptes du petit écran pourront apprécier les quatre réalisations qui ont séduit le jury de la dernière édition du concours.
Il s’agit notamment des fictions Affaire d’Etat, réalisée par l’Ivoirienne Fatoumata Ouatara et Honorable député du Nigérien Siradji Mahaman Bakabé. Dans la catégorie documentaire, Charles Aka de la Côte d’Ivoire, s’est illustré avec son film Un village d’animaux : le zoo national d’Abidjan, aux côtés du Togolais Messah Kossi Obanikoua, lauréat du premier prix avec son œuvre Les trompettes de Amen.
Et c’est suivant le même esprit de magnifier les initiatives culturelles que Cfi, indique son Chargé de mission, a noué des partenariats avec un panel d’évènements africains. Avec notamment les Djembé d’or de la Guinée, les Tamani d’or (Mali), les Koundi d’or (Burkina Faso), le Fima (Niger), les Sika (Bénin). Mb. NGOM