mercredi 14 novembre 2007

BILAN CLAP 2007

Yao Norbert Etranny: " Nous avons eu cette année affaire à des réalisations de bonne qualité ... nous sommes satisfaits "
Interview réalisée par Raymond Alex Loukou

M. Yao Norbert Etranny Clap ivoire 2007 a pris fin avec la victoire de l'ivoirienne Ouattara Fatoumata pour son film " Affaire d'Etat ". Nous avons rencontré M. Yao Norbert Etranny, le coordinateur général de ce concours-festival pour dresser le bilan de cette manifestation.
Rezoivoire.net: Monsieur le coordinateur général, quel bilan pouvez-vous dresser concernant l'édition qui vient de s'achever ?M. Yao Norbert Etranny: Bilan ! c'est un mot trop lourd. Disons que sur les 8 pays que compte l'UEMOA, seul la Guinée Bissau n'a pas pu faire le déplacement pour des raisons de communication extrêmement difficiles entre Abidjan et Bissau. 7 sur 8, je crois que c'est une bonne moyenne. Au niveau des candidats, au lieu d'un candidat par pays, nous sommes passés à l'étape de deux par pays. Cela fait 14 candidats sur 16. Déjà à ce niveau, c'est une satisfaction. Au niveau des activités qui tournent du concours à savoir les ateliers et la table-ronde, nous avons réfusé du monde ( 50 personnes par ateliers ) alors qu'il avait plus de 100 demandes par ateliers. Au vu de ces chiffres, je pense que nous sommes globalement satisfaits même si rien n'est parfait.
Ca fait deux années consécutives que la Côte d'Ivoire remporte le Grand Prix. Comment expliquez-vous cette performance ?
Je n'ai pas d'explication particulière. Chaque année, nous essayons de donner les rudiments du métier à nos jeunes réalisateurs. C'est d'ailleurs le sens de l'atelier. Cette année, nous avons demandé aux structures privées de production audi-visuelle de soutenir les jeunes candidats. C'est ce qui explique la qualité des productions. C 'est vrai que souventes fois, les candidats malheureux pensent que les candidatures ivoiriennes sont favorisées alors que rien qu'à voir la composition du jury, on se compte que cen'est pas si évident.
Nous avons pu constaté nous-mêmes que les films présentés étaient de bonne qualité. Est-ce à dire que vos ateliers de formations ont été payants ?
Je pense que oui. Non seulement ces ateliers ont porté leurss fruits mais je redis également que l'implication des structures privées de production audio-visuelle a bonifié les films. Les autres années, les candidats se débrouillaient. Je pense que si les jeunes n'ont plus de soucis techniques, ils peuvent aisement se consacrer à l'écriture.
Pour cette édition, il n'y a pas eu beaucoup de prix spéciaux. A quoi cela est dû ?
Cela est dû peut-être au fait que les années précédentes, tous les genres étaient confondus. Cette année, nous avons séparé les prix. Il y a un prix pour le documentaire et un autre pour la fiction et comme les moyens ce n'est pas ce que nous avons de plus au niveau de la culture il est clair que les prix ont été répartis selon les genres et selon les moyens dont nous disposions. Peut-être qu 'avec plus de moyens, on aurait instituer plusieurs prix spéciaux pour récompenser le meilleur acteur, le meilleur son, le le meilleur caméraman..
Malgré le battage médiatique, on s'est rendu compte que le public n'a pas répondu à l'appel. Il y a t-il une explication à cela ?
Effectivement ! c'est une remarque pertinente. Au niveau interne, nous sommes en train de préparer une rencontre pour tirer toutes les conséquences de cette désaffection du public. Je crois personnellement que c'est un problème d'organisation interne. Le battage médiatique ça ne suffit pas. A travers ce battage, il faut savoir ce qu'on vise. Si c'est juste pour parler de l'évènement, c'est réussi mais si c'est pour en parler pour faire venir le public ou des annonceurs, ça été un fiasco. Même à la cérémonie d'ouverture, il fallait être un initié pour savoir qu'il y avait une manifestation cinématographique qui plus est est un évènement sous-regional.
Beaucoup de participants ont souhaité que Clap Ivoire dépasse les frontières de l'UEMOA. Partagez-vous leur opinion ?
Si on devrait écouter nos coeurs, je pense que c'est à toute l'Afrique que nous devrions l'étendre. Mais en même temps, il faut être réaliste. Je parlais tantôt d'un probleme de moyens. Déjà au niveau de l'UEMOA ce n'est pas si facile. Tous les participants qui arrivent sont à la charge du comité d'organisation ( séjour, billet ). Par contre,si nous sommes sponsorisés par de grandes entreprises qui ont des ambitions sous-régionales, je crois que Clap Ivoire peut-être une belle tribune pour la promotion de ces entreprises. Si nous avons un bon sponsor qui est prêt à nous accompagner dans la sous-région, il n'y a pas de raison que nous allions au-delà de l'UEMOA.
Pouvez-vous nous donner les grands traits de ce qui est ressorti de la table-ronde ?
Je rappele que le thème de cette table-ronde était : de l'argentique au numérique. Rupture ou compatibilité ? C'est un thème qui a été proposé par moi-même. Ayant suivi des discussions entre des réalisateurs sur ce sujet, j'ai trouvé qu'il était opportun qu'on en débatte publiquement. Les positions semblaient tranchées au départ mais au terme des débats, on s'est rendu compte que ces positions tranchées ne se justifaient pas étant entendu que numérique et argentique doivent s'entretenir de façon complémentaire.C'est ce qui a été retenu de façon fondamentale. Il faut vivre son époque. Nous autres pays sous développés, pensons que le numérique est une bouffée d'oxygène. Cela permet de ramener les budgets de réalisations à des proportions plus humaines.
Je suppose que vous préparez déjà la prochaine édition...
On y pense déjà. Certains collègues des autres pays ont exprimé les difficultés qu'ils avaient à organiser les sélections nationales. Nous sommes en train de voir si c'est possible d'envoyer des missions là-bas pour assister à ces sélections. Nous pensons déjà à l'édition 2008 avec tout ce que cela comporte comme souci.