Bamako Hebdo, 13/09/2008
C'était à Abidjan en Côte d'Ivoire où s'est déroulé, du 2 au 6 septembre, le festival Clap Ivoire, un concours international à l'intention des jeunes cinéastes. Agée seulement de 20 ans, Fatoumata Sidibé, qui vient offrir à son pays deux prestigieux prix, n'est autre que la fille du célèbre réalisateur Boubacar Sidibé de l'ORTM. Nana Kadidia Toumagnon, sa mère, est Administratrice à BRICO Film et productrice non moins connue. L'adolescente a donc vite appris, comme dirait l'autre.
Bamako Hebdo : Qui est cette jeune réalisatrice toute joyeuse?
Fatoumata Sidibé : Je suis Fatoumata Sidibé, 20 ans, étudiante en 2e année à la Faculté des Sciences Economiques et de Gestion de l’Université de Bamako. Je m'essaye dans la réalisation du cinéma, aux côtés de mes parents.
Quel est le nom du film ?
Les pharmacies ambulantes est le nom que j'ai donné à mon documentaire, court métrage
Qu'avez-vous visé en le réalisant?
J'ai constaté que les pharmacies ambulantes constituent un danger permanent pour la population. L'objectif est de sensibiliser les gens à se détourner de la consommation de ces médicaments néfastes pour la santé.

Vous venez de remporter le grand prix Clap Ivoire 2008. Que symbolise ce prix pour vous ?
C'est un honneur pour moi, de voir mon film choisi parmi 14 en compétition, tous pertinents dans le choix des thèmes. C'est la première fois, depuis la création de ce festival, qu'un documentaire remporte ce prix et c'est la première fois que le Mali remporte un prix.
Quelle est la récompense?
En plus du trophée, j'ai reçu une enveloppe de deux millions de FCFA offerts par l'UEMOA pour le Grand Prix Kodjo Ebouclé et un million FCFA pour le prix du meilleur film documentaire.
Est-ce le début d'une consécration de renommée africaine, pourquoi pas internationale?
Certainement, car la jeunesse est l'avenir et beaucoup de sujets nous interpellent. Nous devons en parler par n'importe quel moyen.
Vous êtes née dans une famille où le papa est réalisateur, la maman productrice. Est-ce de là que vient votre motivation ?
Oui, puisque j'ai grandi dans le milieu, voyant mon père faire beaucoup de choses. Je crois aussi en la force des images. C'est un moyen sûr de sensibilisation, d'éducation, en un mot de développement.
Pouvez-vous nous faire un résumé de votre film ?
"Les pharmacies ambulantes" est un documentaire de six minutes sensibilisant aux dangers des médicaments de la rue. Dans ce film, il ressort que l'oncle et la cousine de la réalisatrice ont durant plusieurs années souffert d'irritation de la peau après avoir pris des médicaments de la rue. Le régisseur dans le film a perdu la vue à cause de ces médicaments. Donc, c'est pour amener les pouvoirs publics à livrer une lutte sans merci contre ces produits et attirer l'attention des populations sur le danger qu'ils présentent que je l'ai réalisé.
Quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées dans la réalisation du film ?
Pas trop de difficultés puisque ce sont mes parents qui ont pris le côté dur afin de m'encourager. De passage, je leur rends un vibrant hommage.
A part aussi que les vendeurs n'ont pas voulu témoigner puisque c'est quelque chose qui est interdit par la loi, même pour les filmer, ils me posaient problème. Sinon que je me promenais avec ma caméra sur le marché de Bamako en faisant un gros plan sur le gros business que représente la vente des produits pharmaceutiques aux coins de rues. Tablant sur le volet de la prévention, je fais intervenir des médecins, des pharmaciens qui listent la panoplie de pathologies liées à l'utilisation de ces médicaments.
Que pensez-vous du cinéma malien ?
L'image du cinéma malien s’améliorer de jour en jour. Il y a, aujourd'hui, beaucoup de films maliens bien suivis à l'étranger, ce qui veut dire qu'ils sont à la hauteur.
Quels sont vos rapports avec les dames réalisatrices?
J'ai de bons rapports avec celles que je connais. Comme je viens de faire mon entrée, je ne les connais pas toutes. Fatoumata Coulibaly dite F.C m'a beaucoup aidée et je me sens à l'aise avec elle.
Avez-vous des projets ?
Oui, puisque je compte, Inch Allah, progresser dans ce domaine. Je suis convaincue que des projets viendront.
Rélalisé par Fatoumata Mah THIAM K ONE